Chroniques Albums

Le 26 janvier 2011

Une fleur éclot...

Ce beau disque a été la suprise de l´année 2010 : Emmanuelle Peters, la soeur d´Alain Peters, donnait naissance à son premier CD "Fleur d´sel". Un album qu´on sent longuement mûri et réfléchi : la chanteuse n´est que depuis peu de temps dans le circuit de la chanson avec un premier single publié en 2009. La chanson, elle voulait y venir bien plus tôt, mais le destin en avait décidé autrement, et Emmanuelle a tout d´abord exprimé sa sensibilité à travers la peinture, une peinture lumineuse et colorée. 

Et des couleurs, il n´en manque pas sur cet album ! Eventail de rythmes (séga, maloya, romances), de beaux arrangements musicaux (un accordéon du plus bel effet, Régis Lacaille en personne !), le tout au service de textes sensibles portés par une voix profonde et d´une grande musicalité. Avec beaucoup d´humanité, Emmanuelle Peters porte un regard sensible sur son île et les gens qui la peuplent... la nature aussi est omniprésente dans ses textes, "L´Arriv´hier", "Le Sanctum", "Maya" sont des chansons qui exhalent tous les parfums et tous les paysages de la Réunion...

Bien sûr, on ne peut pas écouter cet album sans penser à l´héritage laissé par Alain Peters, le frère trop tôt disparu à qui elle rend hommage dans deux titres, "Alain" et une très belle reprise de "Rest´là maloya", écho lointain de la version jazzy qu´Alain Peters avait donné sur scène lors du concert des retrouvailles de Carrousel en 1994. A noter aussi : dans les choeurs, Ananda Dévi Peters, qui n´est autre que la fille d´Alain Peters !

Voilà donc un premier disque abouti et sincère, c´est plutôt rare de nos jours... A écouter avec le coeur !

Tahitiansunset

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Chroniques Albums

Le 26 novembre 2010

Quatre filles dans le vent

Le maloya une affaire d´hommes ?
C´est vrai qu´elles sont pas légion, les filles du maloya. Et pourtant, qu´ils sont beaux les albums de Françoise Guimbert, Nathalie Natiembé ou Salem Tradition...
Il faut désormais compter avec le premier album de Simangavole. Anciennement "Kafrine Dofé", Katy, Roukia, Mickaële et Sophie ont commencé leur carrière en métropole, au pays des géraniums : l´Alsace (et plus précisément Mulhouse). Retour au péi : très vites repérées, elles assurent des premières parties pour Danyèl Waro et enflamment la scène du Sakifo. Sur la pochette, le poing levé, le quatuor est bien décidé à nous montrer qu´il en a sous le capot. Le moins qu´on puisse dire, c´est que ça décoiffe ! Pas un temps mort, le BRPM (battement de rouleur par minute) est constamment dans le rouge au service d´un maloya speed et puissant que ne renierait pas Kiltir. Katy Toave, chanteuse et compositrice du groupe, mène l´ensemble avec une énergie sidérante et quelques inflexions vocales soul du meilleur effet...
Si le son est "traditionnel", la rythmique s´autorise quelquefois des passages bien funky. Bien mis en avant, les choeurs, impeccables, bénéficient d´arrangements bien léchés.

"Maloya manièr fanm", maloya cyclonique qui, irrésistiblement, vous donnera la bougeotte et la pêche !

Tahitiansunset

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Brèves

Le 09 novembre 2010

TAAC 5ème...

La cinquième édition "Les Trophées des Arts Afro-Caribéens", s´est achevée hier soir au théâtre du Chatelet à Paris, consacrant une fois encore les musiques réunionnaises. 

Cette année, trois artistes pays se retrouvaient en compétition pour les fameux sésames : Yaëlle Trulès, Kaf Malbar et Groove Lélé.

Tout d´abord élu "Meilleur Artiste de l´année", Kaf Malbar s´est imposé comme lauréat 2010, devant Kolo Barst, Salif Keita et Ben Oncle Soul.
Et pour couronner le tout le prix du "Meilleur album" a été attribué à Groove Lélé & Ernst Reijseger, pour leur opus "Zembrocal Musical".

Un grand merci à nos artistes pour avoir su, encore une fois, porter haut les couleurs de La Réunion !

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Chroniques Albums

Le 06 octobre 2010

Sello Fan !

A l´heure où la Réunion fête le premier anniversaire de l´inscription par l´Unesco du maloya au Patrimoine de l´Humanité, c´est un beau cadeau que nous fait le label Oasis avec ce double album consacré aux 30 ans de maloya de Michel Sophie, plus connu sous le nom de Gramoun Sello. 

Avec Gramoun Bébé, Lo Rwa Kaf, Simon Lagarrigue, Granmoun Lélé et Firmin Viry, Gramoun Sello est un pilier du maloya traditionnel. Il débute sa carrière dans les années 70 avec les Volcaniks, mais c´est avec la Troupe Roséda qu´il gagne sa notoriété. Le programme du premier CD est justement consacré aux enregistrements publiés par la Troupe Roséda, de 1983 à 2000 : c´est l´occasion de réentendre parmi les premiers maloyas gravés alors sur un 33 tours par le label Issa (dans ce format, les seuls enregistrements de maloya avec les deux 33 tours édités par le PCR). Le charme des enregistrements lontan (pas si longtemps que ça finalement...) opère, avec un delay du meilleur effet sur les voix... et le privilège d´entendre des enregistrements qui étaient alors réservés aux heureux possesseurs des vinyles et cassettes d´origine. 
Le deuxième CD revient sur la période "come back" de Gramoun Sello, retour sur le devant de la scène grâce à la pugnacité de Stéphane Grondin de l´association Maloya All Stars. Et cerise sur le gâteau d´anniversaire, 10 titres inédits enregistrés en 2010 ! Hasards du destin : lors du premier concert de maloya donné en avril 2010 à la prestigieuse Cité de la Musique à Paris, c´est Gramoun Sello qui a été chargé de remplacer au pied levé Firmin Viry. Pari remporté haut la main : pour avoir eu la chance d´assister à ce concert, je peux vous assurer que Gramoun Sello et sa troupe ont mis le feu dans la salle ! 

Un grand monsieur du maloya : ses chansons sont un témoignage de la culture réunionnaise, chantées par une voix puissante et accompagnées par une rythmique des plus entraînante, bref un album indispensable pour tout amateur de maloya qui se respecte. Le Sello fan aura vite fait d´enlever le cellophane qui protège le disque pour se jeter sur le copieux programme concocté pour cette célébration. 30 ans, 30 titres ! On murmure même qu´un DVD documentaire sur Gramoun Sello est en préparation pour cette année... restez aux aguets ! 

Il est possible d´écouter de larges extraits et de commander le CD directement au label Oasis, rien de plus simple, cliquez ici : Site OASIS

Tahitiansunset

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Reportages

Le 14 septembre 2010

Accroche-kèr

Les Accroche-Coeurs d´Angers, c´est le rendez-vous incontournable de la rentrée ! Depuis 11 ans, ce festival gratuit de 3 jours investit toute la ville le temps d´un week-end : spectacles de rue, parades, fanfares, théâtre et musique à gogo. Après l´édition sulfureuse de 2009 "Angers démons" (ah ah ah !), cap au Sud cette année ! La salle du Chabada a investi le quai Monge pour installer son podium "Scènes d´Afrique". Sous le soleil exactement, vue imprenable sur la cathédrale et le Château des Ducs d´Anjou, au bord de la Maine, amen ! Les programmateurs ont eu la bonne idée de convier Nathalie Natiembé pour deux concerts. Rock´n´roll !

Première figure : samedi 11 septembre 2010, 14 h 30

Nathalie Natiembé a l´honneur d´inaugurer cette série de concerts et de défendre son dernier album "Karma". La version originale avait été faite avec Bumcello, mais le duo Ségal - Atef étant surbooké, c´est à Yann "Zong" Costa et à la section rythmique du groupe lyonnais Meï Teï Shô d´assurer avec la rockeuse réunionnaise ! V 2.0 : fatalement, "Karma" se caméléonise, prend d´autres couleurs sur scène. Les claviers vintage de l´impeccable Costa apportent une fureur toute zongienne au maloya rock de Nathalie, un son plus dub aussi, et une ambiance moins oppressante que sur l´album... Dans le public, quelques connaisseurs, mais en majorité ce sont les badauds du festival qui marquent l´arrêt, comme hypnotisés par ce qui se passe sur scène. C´est que Nathalie sait y faire pour conquérir le public ! Sincérité, générosité débordante, elle ne chante pas seulement, elle vit ses chansons et nous aussi ! Sous le soleil au zénith, un show d´une heure, sans concessions. On en redemande, mais il est temps de laisser place aux autres groupes programmés...

Deuxième figure : dimanche 12 septembre 2010, 12 h 30

Même lieu, même équipe, mais l´heure avancée de ce set fait qu´il n´y a pas grande monde devant la scène, d´autant plus qu´un pique-nique géant a investi toute la ville... Aux platines, DJ Nadia assure les entr´actes et balance Alain Péters dans la sono... excellent choix ! Nathalie et ses musiciens reviennent, et pas démotivés pour un sou, remettent le couvert. Une session plus enragée que la veille, on sent que le groupe a gagné en cohésion... Le soleil cogne sur la scène, Costa tombe le tee-shirt et envoie voler son tabouret pour triturer ses claviers debout, Nathalie cause avec le public de plus en plus nombreux, le fait chanter... Vient "Epitaf" : "Africa, pays branl´ bas d´combat... !" Moment de grâce quand le podium est survolé par l´ULM de Christian Moullec, le pilote du "Peuple migrateur"... autour de son engin volant, une escouade de grues d´Afrique ! Magique... "Une dernière chanson, demain on part à la Réunion..." "Moi aussi j´ai une réunion demain" dit mon voisin. Hé dalon, ou koné pa la Rényon ?



Deux concerts en deux jours, un trop plein d´émotions, de musique vivante, métissée, furieusement actuelle... Comment la presse rockeuse et folkeuse a pu passé à côté d´un album pareil ? Un grand merci à Nathalie Natiembé et ses musiciens, revenez quand vous voulez !

Tahitiansunset

Tracklist : Mové lèspri- Galo - Margoz - Epitaf - Karma - Tangaz pa tro for - Ex voto (dimanche seulement) - Kafnat - HKDododansing - Larozwar

Nathalie Natiembé : voix, porte-voix, percussions - Yann Costa : claviers, mélodica - Boris Kulenovic, basse - Germain Samba, batterie

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Chroniques Albums

Le 31 août 2010

Salem même !

Beaucoup d´eau est passée sous les ponts depuis le premier album de Salem Tradition "Waliwa" enregistré en live lors du festival des Escales à Saint Nazaire en 2001. Voilà déjà l´heure du quatrième effort discographique du groupe ! Il arrive à une période où le maloya est couvert d´honneurs après des années de quasi-clandestinité. C´était le 1er octobre 2009, l´Unesco inscrivait le maloya au patrimoine immatériel de l´Humanité. Digne représentante du cercle restreint du maloya "manier fanm", Christine Salem a eu l´immense privilège d´être l´invitée de notre Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et de se produire au Palais Royal lors de la Fête de la Musique.

Ce nouvel album est dans le prolongement logique de la quête perpétuelle que mène Christine Salem, toujours à la recherche des origines, du "rasinaz" du maloya dans divers pays de l´Océan Indien : Comores, Madagascar, mais aussi Zanzibar et la côte Est de l´Afrique. Ce projet amorcé en décembre 2008 nous est restitué dans ce nouveau disque "Lanbousir", publié à nouveau sur l´excellent label Cobalt de Philippe Conrath.
Comme à son habitude, Christine Salem croise les rythmes réunionnais avec ceux des pays voisins. Et toujours cette voix magnifique, grave et envoûtante, qui brasse à la fois les langues créoles, malgaches et swahili, le tout soutenu par une section rythmique de première (les fidèles Vincent Philéas, Laurent Dallau et David Abrousse). Et tout comme le dernier album de Danyèl Waro (auquel elle rend hommage sur le titre d´ouverture "Maloya zordi"), le groupe prend un tournant musical en confrontant le maloya à d´autres genres : s´il fallait vous persuader que le maloya est le blues de l´Océan Indien, écoutez les titres "Ti Ble" et "Komor blues", dans lequel la voix de Christine Salem va chercher l´esprit soul dans les cordes du Dzenzé, cousin de la valiha malgache. 

Album de la maturité diront certains... on espère bien qu´il y en aura d´autres du même cru ! Pour l´instant, plongez dans "Lanbousir", ses rythmes festifs vous invitent à la transe et au voyage ! Amis de métropole, surveillez bien l´agenda des concerts, Salem Tradition débarque bientôt, à ne manquer sous aucun prétexte ! 

Tahitiansunset

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Brèves

Le 16 août 2010

Sakifini...

10h : Le village de Terre Sainte porte encore les traces d’une nuit pluvieuse. Les éléments ont un peu retardé l’entrée en scène de René Lacaille et ses dalons pour le traditionnel Risofé. Mais il en faut bien plus pour arrêter l’homme à l’accordéon et les festivaliers : les stands de risofé sont vite pris d’assaut et la musique plane sur ce petit-déj pas comme les autres. Les yeux dans le bleu de la mer, secouée par le vent de la côte et bercée par les notes de René Lacaille, la foule réunie profite de cet instant hors du temps.

11h15 : direction le Conservatoire de Saint-Pierre pour la remise du prix Alain Péters. Un peu de patience, le temps de régler à la seconde près le plateau direct avec RFO. Dans la salle, on repère les candidats de cette année : Jaboticaba, Jim Fortuné, Mounawar, Tiloun, Zorro Chang et Héléna Esparon mais aussi les aînés déjà confirmés comme Gilbert Pounia ou Nathalie Natiembé. Le direct démarre : Alex, lauréat du prix en 2009, ouvre le bal de ces trente minutes de suspense à l’issue desquelles Tiken Jah Fakoly dévoilera le nom du gagnant. ça y est, c’est l’heure, le président du jury est prolixe mais le minutage du direct impose le déroulé. « Alors the winner is ? » s’impatiente Emmanuelle Haggai. « Zorro Chang ! » lance Tiken Jah Fakoly. Et le jeune artiste d’entamer, après les remerciements, un morceau piano-voix, loin de son tube « A la le son 974 » qui fait danser dans les boîtes. Un pied de nez aux étiquettes qu’on voudrait lui coller ?

Véro - Pils.re

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Brèves

Le 10 août 2010

Mi "M" Ziskakan...

20h00 : David Erudel aux commandes de Bigouaï assure le show au carré VIP Charrette. Homme de scène jusqu’aux ourlets du costume, le comédien-chanteur capte l’attention. Dans l’assistance, il tente de séduire Nathalie Natiembé qui finit par aller taper le bœuf avec le groupe palmiplainois quelques minutes plus tard.
22h40 : beau final de Ziskakan au Salahin où Alex rejoint Gilbert Pounia pour lancer son flow, suivi de Mathieu Chédid qui envoie un riff de guitare hautement énergisant. Une belle affiche pour la captation du prochain DVD de Ziskakan. Féloche et sa musique cajun tout droit venu de Louisiane prend le relais aux Filaos. A la Poudrière, la foule se presse pour le séga de Désiré François et Cassyia. ça ne désemplit pas même si le public est plutôt sage.

Véro - Pils.re

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Brèves

Le 10 août 2010

Prix Alain Péters... jour 2

7 août :

10h30 : Le soleil est à nouveau au rendez-vous des balances du prix Alain Péters. Aujourd’hui, c’est au tour Jim Fortuné, Jaboticaba et Mounawar de défendre haut et fort leur musique. Trois groupes et trois styles résolument différents parce que c’est ça aussi le Prix Alain Péters : mettre en valeur les valeurs montantes péi en tout éclectisme. Rencontre avec Virginie Marie-Louise, la voix de Jaboticaba. La sérénité semble au rendez-vous, même si, avoue-t-elle « la pression est présente mais plus à cause des gens autour qui nous parlent du prix. » Mounawar, lui, a juste envie de se faire plaisir et donner le maximum au public. Là, l’urgence, c’est de régler son problème de guitare qui a fait des siennes lors de la balance. Il est 11h30 et tout le monde attend et cherche Jim Fortuné. L’heure tourne et le bonhomme se fait toujours désirer. Il finit par arriver, pas vraiment serein et grimpe sur scène pour la balance. Il est plus de 13h, les concerts commencent dans une heure et c’est lui qui ouvre le bal… En attendant, le vent s’est levé et le ciel devient menaçant. Le public arrive peu à peu à Terre Sainte. 14h20 : ça y est, Jim a enfilé son costume de scène et entame les premières notes de son set.

Véro - Pils.re

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Reportages

Le 10 août 2010

Davy met le feu aux poudres

19h : Carton plein à la Poudrière pour Davy Sicard. Il n’est pas encore entré sur scène que déjà les groupies féminines hurlent son nom. Apparition de l’homme sobrement vêtu e clair qui salue son public. Une ouverture qui séduit dès les premières notes puis Davy et son kayamb enchaînent les titres et l’homme prévient : « on n’a qu’une petite heure alors je compte sur vous pour envoyer ! ». Hommage aux ainés avec « Dodo Sya » puis Davy entame son « Maloya Kabosé » pour le bonheur de la foule. Un final endiablé avec « Ker Maron » : il n’en fallait pas plus pour combler le public venu en masse rendre hommage à un Davy Sicard dont la reconnaissance a largement dépassé les frontières de l’île.

Véro - Pils.re

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