Chroniques Albums

Le 06 octobre 2010

Sello Fan !

A l´heure où la Réunion fête le premier anniversaire de l´inscription par l´Unesco du maloya au Patrimoine de l´Humanité, c´est un beau cadeau que nous fait le label Oasis avec ce double album consacré aux 30 ans de maloya de Michel Sophie, plus connu sous le nom de Gramoun Sello. 

Avec Gramoun Bébé, Lo Rwa Kaf, Simon Lagarrigue, Granmoun Lélé et Firmin Viry, Gramoun Sello est un pilier du maloya traditionnel. Il débute sa carrière dans les années 70 avec les Volcaniks, mais c´est avec la Troupe Roséda qu´il gagne sa notoriété. Le programme du premier CD est justement consacré aux enregistrements publiés par la Troupe Roséda, de 1983 à 2000 : c´est l´occasion de réentendre parmi les premiers maloyas gravés alors sur un 33 tours par le label Issa (dans ce format, les seuls enregistrements de maloya avec les deux 33 tours édités par le PCR). Le charme des enregistrements lontan (pas si longtemps que ça finalement...) opère, avec un delay du meilleur effet sur les voix... et le privilège d´entendre des enregistrements qui étaient alors réservés aux heureux possesseurs des vinyles et cassettes d´origine. 
Le deuxième CD revient sur la période "come back" de Gramoun Sello, retour sur le devant de la scène grâce à la pugnacité de Stéphane Grondin de l´association Maloya All Stars. Et cerise sur le gâteau d´anniversaire, 10 titres inédits enregistrés en 2010 ! Hasards du destin : lors du premier concert de maloya donné en avril 2010 à la prestigieuse Cité de la Musique à Paris, c´est Gramoun Sello qui a été chargé de remplacer au pied levé Firmin Viry. Pari remporté haut la main : pour avoir eu la chance d´assister à ce concert, je peux vous assurer que Gramoun Sello et sa troupe ont mis le feu dans la salle ! 

Un grand monsieur du maloya : ses chansons sont un témoignage de la culture réunionnaise, chantées par une voix puissante et accompagnées par une rythmique des plus entraînante, bref un album indispensable pour tout amateur de maloya qui se respecte. Le Sello fan aura vite fait d´enlever le cellophane qui protège le disque pour se jeter sur le copieux programme concocté pour cette célébration. 30 ans, 30 titres ! On murmure même qu´un DVD documentaire sur Gramoun Sello est en préparation pour cette année... restez aux aguets ! 

Il est possible d´écouter de larges extraits et de commander le CD directement au label Oasis, rien de plus simple, cliquez ici : Site OASIS

Tahitiansunset

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Reportages

Le 14 septembre 2010

Accroche-kèr

Les Accroche-Coeurs d´Angers, c´est le rendez-vous incontournable de la rentrée ! Depuis 11 ans, ce festival gratuit de 3 jours investit toute la ville le temps d´un week-end : spectacles de rue, parades, fanfares, théâtre et musique à gogo. Après l´édition sulfureuse de 2009 "Angers démons" (ah ah ah !), cap au Sud cette année ! La salle du Chabada a investi le quai Monge pour installer son podium "Scènes d´Afrique". Sous le soleil exactement, vue imprenable sur la cathédrale et le Château des Ducs d´Anjou, au bord de la Maine, amen ! Les programmateurs ont eu la bonne idée de convier Nathalie Natiembé pour deux concerts. Rock´n´roll !

Première figure : samedi 11 septembre 2010, 14 h 30

Nathalie Natiembé a l´honneur d´inaugurer cette série de concerts et de défendre son dernier album "Karma". La version originale avait été faite avec Bumcello, mais le duo Ségal - Atef étant surbooké, c´est à Yann "Zong" Costa et à la section rythmique du groupe lyonnais Meï Teï Shô d´assurer avec la rockeuse réunionnaise ! V 2.0 : fatalement, "Karma" se caméléonise, prend d´autres couleurs sur scène. Les claviers vintage de l´impeccable Costa apportent une fureur toute zongienne au maloya rock de Nathalie, un son plus dub aussi, et une ambiance moins oppressante que sur l´album... Dans le public, quelques connaisseurs, mais en majorité ce sont les badauds du festival qui marquent l´arrêt, comme hypnotisés par ce qui se passe sur scène. C´est que Nathalie sait y faire pour conquérir le public ! Sincérité, générosité débordante, elle ne chante pas seulement, elle vit ses chansons et nous aussi ! Sous le soleil au zénith, un show d´une heure, sans concessions. On en redemande, mais il est temps de laisser place aux autres groupes programmés...

Deuxième figure : dimanche 12 septembre 2010, 12 h 30

Même lieu, même équipe, mais l´heure avancée de ce set fait qu´il n´y a pas grande monde devant la scène, d´autant plus qu´un pique-nique géant a investi toute la ville... Aux platines, DJ Nadia assure les entr´actes et balance Alain Péters dans la sono... excellent choix ! Nathalie et ses musiciens reviennent, et pas démotivés pour un sou, remettent le couvert. Une session plus enragée que la veille, on sent que le groupe a gagné en cohésion... Le soleil cogne sur la scène, Costa tombe le tee-shirt et envoie voler son tabouret pour triturer ses claviers debout, Nathalie cause avec le public de plus en plus nombreux, le fait chanter... Vient "Epitaf" : "Africa, pays branl´ bas d´combat... !" Moment de grâce quand le podium est survolé par l´ULM de Christian Moullec, le pilote du "Peuple migrateur"... autour de son engin volant, une escouade de grues d´Afrique ! Magique... "Une dernière chanson, demain on part à la Réunion..." "Moi aussi j´ai une réunion demain" dit mon voisin. Hé dalon, ou koné pa la Rényon ?



Deux concerts en deux jours, un trop plein d´émotions, de musique vivante, métissée, furieusement actuelle... Comment la presse rockeuse et folkeuse a pu passé à côté d´un album pareil ? Un grand merci à Nathalie Natiembé et ses musiciens, revenez quand vous voulez !

Tahitiansunset

Tracklist : Mové lèspri- Galo - Margoz - Epitaf - Karma - Tangaz pa tro for - Ex voto (dimanche seulement) - Kafnat - HKDododansing - Larozwar

Nathalie Natiembé : voix, porte-voix, percussions - Yann Costa : claviers, mélodica - Boris Kulenovic, basse - Germain Samba, batterie

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Chroniques Albums

Le 31 août 2010

Salem même !

Beaucoup d´eau est passée sous les ponts depuis le premier album de Salem Tradition "Waliwa" enregistré en live lors du festival des Escales à Saint Nazaire en 2001. Voilà déjà l´heure du quatrième effort discographique du groupe ! Il arrive à une période où le maloya est couvert d´honneurs après des années de quasi-clandestinité. C´était le 1er octobre 2009, l´Unesco inscrivait le maloya au patrimoine immatériel de l´Humanité. Digne représentante du cercle restreint du maloya "manier fanm", Christine Salem a eu l´immense privilège d´être l´invitée de notre Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et de se produire au Palais Royal lors de la Fête de la Musique.

Ce nouvel album est dans le prolongement logique de la quête perpétuelle que mène Christine Salem, toujours à la recherche des origines, du "rasinaz" du maloya dans divers pays de l´Océan Indien : Comores, Madagascar, mais aussi Zanzibar et la côte Est de l´Afrique. Ce projet amorcé en décembre 2008 nous est restitué dans ce nouveau disque "Lanbousir", publié à nouveau sur l´excellent label Cobalt de Philippe Conrath.
Comme à son habitude, Christine Salem croise les rythmes réunionnais avec ceux des pays voisins. Et toujours cette voix magnifique, grave et envoûtante, qui brasse à la fois les langues créoles, malgaches et swahili, le tout soutenu par une section rythmique de première (les fidèles Vincent Philéas, Laurent Dallau et David Abrousse). Et tout comme le dernier album de Danyèl Waro (auquel elle rend hommage sur le titre d´ouverture "Maloya zordi"), le groupe prend un tournant musical en confrontant le maloya à d´autres genres : s´il fallait vous persuader que le maloya est le blues de l´Océan Indien, écoutez les titres "Ti Ble" et "Komor blues", dans lequel la voix de Christine Salem va chercher l´esprit soul dans les cordes du Dzenzé, cousin de la valiha malgache. 

Album de la maturité diront certains... on espère bien qu´il y en aura d´autres du même cru ! Pour l´instant, plongez dans "Lanbousir", ses rythmes festifs vous invitent à la transe et au voyage ! Amis de métropole, surveillez bien l´agenda des concerts, Salem Tradition débarque bientôt, à ne manquer sous aucun prétexte ! 

Tahitiansunset

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Brèves

Le 16 août 2010

Sakifini...

10h : Le village de Terre Sainte porte encore les traces d’une nuit pluvieuse. Les éléments ont un peu retardé l’entrée en scène de René Lacaille et ses dalons pour le traditionnel Risofé. Mais il en faut bien plus pour arrêter l’homme à l’accordéon et les festivaliers : les stands de risofé sont vite pris d’assaut et la musique plane sur ce petit-déj pas comme les autres. Les yeux dans le bleu de la mer, secouée par le vent de la côte et bercée par les notes de René Lacaille, la foule réunie profite de cet instant hors du temps.

11h15 : direction le Conservatoire de Saint-Pierre pour la remise du prix Alain Péters. Un peu de patience, le temps de régler à la seconde près le plateau direct avec RFO. Dans la salle, on repère les candidats de cette année : Jaboticaba, Jim Fortuné, Mounawar, Tiloun, Zorro Chang et Héléna Esparon mais aussi les aînés déjà confirmés comme Gilbert Pounia ou Nathalie Natiembé. Le direct démarre : Alex, lauréat du prix en 2009, ouvre le bal de ces trente minutes de suspense à l’issue desquelles Tiken Jah Fakoly dévoilera le nom du gagnant. ça y est, c’est l’heure, le président du jury est prolixe mais le minutage du direct impose le déroulé. « Alors the winner is ? » s’impatiente Emmanuelle Haggai. « Zorro Chang ! » lance Tiken Jah Fakoly. Et le jeune artiste d’entamer, après les remerciements, un morceau piano-voix, loin de son tube « A la le son 974 » qui fait danser dans les boîtes. Un pied de nez aux étiquettes qu’on voudrait lui coller ?

Véro - Pils.re

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Brèves

Le 10 août 2010

Mi "M" Ziskakan...

20h00 : David Erudel aux commandes de Bigouaï assure le show au carré VIP Charrette. Homme de scène jusqu’aux ourlets du costume, le comédien-chanteur capte l’attention. Dans l’assistance, il tente de séduire Nathalie Natiembé qui finit par aller taper le bœuf avec le groupe palmiplainois quelques minutes plus tard.
22h40 : beau final de Ziskakan au Salahin où Alex rejoint Gilbert Pounia pour lancer son flow, suivi de Mathieu Chédid qui envoie un riff de guitare hautement énergisant. Une belle affiche pour la captation du prochain DVD de Ziskakan. Féloche et sa musique cajun tout droit venu de Louisiane prend le relais aux Filaos. A la Poudrière, la foule se presse pour le séga de Désiré François et Cassyia. ça ne désemplit pas même si le public est plutôt sage.

Véro - Pils.re

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Brèves

Le 10 août 2010

Prix Alain Péters... jour 2

7 août :

10h30 : Le soleil est à nouveau au rendez-vous des balances du prix Alain Péters. Aujourd’hui, c’est au tour Jim Fortuné, Jaboticaba et Mounawar de défendre haut et fort leur musique. Trois groupes et trois styles résolument différents parce que c’est ça aussi le Prix Alain Péters : mettre en valeur les valeurs montantes péi en tout éclectisme. Rencontre avec Virginie Marie-Louise, la voix de Jaboticaba. La sérénité semble au rendez-vous, même si, avoue-t-elle « la pression est présente mais plus à cause des gens autour qui nous parlent du prix. » Mounawar, lui, a juste envie de se faire plaisir et donner le maximum au public. Là, l’urgence, c’est de régler son problème de guitare qui a fait des siennes lors de la balance. Il est 11h30 et tout le monde attend et cherche Jim Fortuné. L’heure tourne et le bonhomme se fait toujours désirer. Il finit par arriver, pas vraiment serein et grimpe sur scène pour la balance. Il est plus de 13h, les concerts commencent dans une heure et c’est lui qui ouvre le bal… En attendant, le vent s’est levé et le ciel devient menaçant. Le public arrive peu à peu à Terre Sainte. 14h20 : ça y est, Jim a enfilé son costume de scène et entame les premières notes de son set.

Véro - Pils.re

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Reportages

Le 10 août 2010

Davy met le feu aux poudres

19h : Carton plein à la Poudrière pour Davy Sicard. Il n’est pas encore entré sur scène que déjà les groupies féminines hurlent son nom. Apparition de l’homme sobrement vêtu e clair qui salue son public. Une ouverture qui séduit dès les premières notes puis Davy et son kayamb enchaînent les titres et l’homme prévient : « on n’a qu’une petite heure alors je compte sur vous pour envoyer ! ». Hommage aux ainés avec « Dodo Sya » puis Davy entame son « Maloya Kabosé » pour le bonheur de la foule. Un final endiablé avec « Ker Maron » : il n’en fallait pas plus pour combler le public venu en masse rendre hommage à un Davy Sicard dont la reconnaissance a largement dépassé les frontières de l’île.

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Brèves

Le 10 août 2010

Prix Alain Péters... jour 1

6 août : Avis de grand bleu sur le sud et cadre idyllique pour rencontrer trois des candidats au Prix Alain Péters. Sur la scène de Terre Sainte, l’ambiance est à la détente côté esprit même si les corps s’agitent : Zorro Chang, Héléna Esparon et Tiloun enchaînent les balances et les interviews avec le sourire. Ils semblent sereins à quelques heures de leurs prestations devant le jury présidé par Tiken Jah Fakoly. Zorro Chang, la figure du ragga dance hall péi a hâte de montrer ce qu’il sait et aime faire, bien loin de se limiter à son désormais célébrissime tube "A la le son 974".
La jeune Héléna Esparon a gardé sa guitare mais s’est aussi entourée de musiciens pour sa scène de l’après-midi. Calme et réfléchie, l’artiste explique qu’elle aime agir sans précipitation et dans la sérénité, même si le public qu’elle a déjà conquis réclame haut et fort un album. Elle y travaille, rassure-t-elle.
Tiloun, lui, rime toujours avec discrétion. Son premier album au bout de vingt ans de carrière, on le doit à l’insistance des dalons de toujours comme Gilbert Pounia, Danyel Waro, Firmin Viry ou Daniel Honoré et surtout du fils de Tiloun. Content de l’expérience, l’artiste avoue quand même être bien plus à l’aise dans les kabars et concerts où l’énergie du maloya atteint directement les coeurs.

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Brèves

Le 10 août 2010

True Live !

21h30 : Alborosie quitte la scène du Salahin, genre « une fin en queue de poisson » entend-t-on dans le public. Et là, c’est le silence au Sakifo, déstabilisant un peu le public qui ne sait plus vraiment vers quelle scène se diriger. Seul le Vince Corner résonne des notes de Mangalor en grande forme. Quelques instants d’attente plus tard, les Australiens de True Live entament les premières notes. Un coup d’œil au programme, hip hop éclectique annoncé. Plutôt énigmatique. Et au bout de deux titres, on sait que c’est inclassablement bon. Il y a le flow hip hop mais aussi bien plus que ça. Sur scène, violon, contrebasse et violoncelle côtoient clavier et batterie. Et les influences s’entrechoquent entre rythmes jazz et pur hip hop en passant par Brahms, Vivaldi et une sublime reprise d’Otis Redding. Le leader aux allures de crooner en costume propret et dont la voix envoûte possède un charisme de rock n’roller. Le groupe que l’on sent véritablement amoureux de la musique offre de magnifiques morceaux instrumentaux ultra maîtrisés. On en redemande ! ça tombe bien, il paraît que True Live jouera encore sur l’île dans les jours à venir.

Véro - Pils.re

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Brèves

Le 06 août 2010

Sakifo J2...

20h30 : En début de soirée, Alex et ses dalons ont fait chanter le public des Filaos. Entre flow hip hop et rythmes plus maloya, le jeune artiste prouve depuis quelques années que le mélange opère. Grande forme pour Alex qui affichait son bonheur d’être sur scène, entre sourire et espièglerie.

Feu à la Poudrière ! Face aux protégés de Manu Chao, les maliens de Smod, le froid du littoral saint-pierrois n’avait plus de prise sur les corps. ça saute, ça entonne les refrains et le public se soude pour mettre dirigeants africains et français dans le même panier : « les dirigeants sont comme ça ! » chante SMOD avec le pouce en bas. Ils auraient pu rester des heures les garçons du Mali que le public n’aurait pas déchanté.

Véro - Pils.re

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