Chroniques Albums

Le 25 février 2010

Ye Lo Magik Orkhestra !

Avec un peu de retard, retour sur un des albums marquant de la fin 2009 : Ye mama de Lo Griyo est un de ces disques mûri longuement. Formé en 2006, le duo Sami Pageaux-Waro et Luc Joly a pris son temps et s´est d´abord forgé une solide réputation sur scène, écumant les tréteaux de l´île, de métropole et du Québec. Auréolé du prix Alain Peters en 2007, le groupe était donc attendu au tournant !

Lo Griyo, c´est d´abord une signature sonore originale, un orchestre de poche. Sami assure la voix, les percussions et affectionne deux instruments fétiches des griots africains : la kora (harpe) et la sanza (piano à pouces) ; Luc souffle dans ses saxophones, clarinettes, flûtes et mélodica. Membre récent du groupe, Brice Nauroy triture et superpose les sons, démultiplie les voix. En studio, l´album a été produit Yann Costa, habitué des rendez-vous marquants (Zong, Jaboticaba, Nathalie Natiembé...).



Les 6 rennes, entrée en douceur aux sonorités apaisantes de la kora et des vents... toutes les couleurs du monde sont invitées pour un Servis kabaré... tendre retour en enfance en vagabondant sur le Somin lékol... Ailleurs et sa montée en puissance toute « zongienne »... Danyèl Waro fait une apparition pour revisiter son Baylo... l´album se conclut par un slam dantesque du fonnkézèr Franky Lauret en hommage au Défin Alain Peters...

Bienheureux celui qui arrivera à coller une étiquette sur la musique du groupe... Comme Hadouk Trio, Lo Griyo joue la musique d´un 6ème continent imaginaire, sans frontières, un zembrocal subtil dans lequel maloya, electro, jazz, musiques indiennes, africaines et brésiliennes se télescopent. Dans une interview, Sami Pageaux-Waro préfère parler de transe : la transe des cérémonies rituelles, mais aussi la "transe moderne laïque" des musiques électroniques. Lo Griyo, une musique ancrée dans son temps, mais qui n´oublie pas l´héritage des ancêtres.
 
Tahitiansunset

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Brèves

Le 22 février 2010

Bazbaz sort la "Chose"

Bzzzzzzzz... Camille est un drôle d´insecte, fourmi parmi les fourmis. Même Darwin ne l´avait pas répertorié.
D´ailleurs, il ne pique pas non plus. Mais quand même...

Moins éphémère que les éphémères, ses amours ailées, zélées ça non, se froissent et bruissent dans la clarté des spots le soir. La scène incendie son âme, éclairée, par ses potes lucioles. Vyriane - la basse asiatique, Christiane - la batterie africaine, Fab - la percu caribéenne, Tchiki,- la guitare post-ibérique, ou encore Yarol qui bourdonne sur deux fleurs.

Mais est-ce que les insectes ont une âme, me direz-vous? En tous cas, ils n´ont pas de frontières, ça les arrange. Un peu de vent, hop, une halte à La Réunion pour se reproduire, et voilà un nouvel album de onze chansons sans OGM. Musique dans tous les peuples. Et puis, on n´a pas le culte du cafard, nous autres les papillons.

Philippe Tressol

Bazbaz en tournée :

  - le 6 mars au Kabardock (Le Port / La Réunion)
  - les 8 et 9 avril à la Maroquinerie (Paris)

  Toutes les dates sur www.bazbaz.biz

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Chroniques Albums

Le 27 janvier 2010

Fata Morgana

Morgane Ji - Idiomes (Faunebox, 2009)
C´est un de ces soirs où il est tard, où les yeux mi-clos on égrène des pages sur le net, des sons, des images se succèdent... soudain, au milieu d´un océan de musique formatée, on accoste par hasard sur les rivages d´une artiste singulière au pouvoir de séduction imparable. Cette artiste, c´est Morgane Ji, joli brin de métis réunionnaise. Remarquée par le label Patch B, elle assure le chant sur l´album Noah´s boat du groupe Jamao et collabore avec deux fameux combos de fusion celtique, Karma & Wig A Wag.

Deux ans après son premier opus solo, elle revient avec un nouvel album Idiomes. Réalisé avec le fidèle E.r.k. (guitares aériennes et production ciselée), l´univers inhabituel de Morgane Ji surprend toujours autant. Fusion de rock et d´une world musique où se mêlent les embruns frais des côtes celtiques et la fournaise d´un volcan en éruption... Et cette voix ! "Admirablement timbrée, chaude, basse et grave, confidentielle à souhait, et enjôleuse, et susurrante, avec des modulations nuancées..." *, elle s´envole soudain dans un chant incantatoire et shamanique.

Maniant les mots en français, anglais ou créole, Morgane Ji chante l´enfance (Dessine-moi un mouton, Bouton d´or), interroge ses racines créoles (Kossa sa ?, Maloya), jongle avec les mots (Idiomes). Le tout emballé dans un livret habilement illustré... A l´heure de la musique dématéralisée et désincarnée, le label Faunebox persiste dans la confection de beaux disques.
Un bel écrin donc pour la fée Morgane ! Si d´aventure elle vient chanter chez vous, ne la manquez pas ! Un concert de Morgane Ji, c´est le temps suspendu, une voix hypnotique qui ne vous lâche pas, une véritable générosité... à vos agendas !

* in "Notes sur André Gide, Roger Martin du Gard, Gallimard, 1951"

Tahitiansunset

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Reportages

Le 25 janvier 2010

Umqombothi Kabar

« Quand la Pantsula rencontre le Maloya »
Via Katlehong (Afrique du Sud) / Lindigo (Réunion)
Résidence de création – 1ère étape - Centre de Moringue de Sainte Suzanne

Dix sept artistes, se retrouvent chaque jour à Sainte Suzanne pour créer un spectacle inédit où la danse sud africaine « pantsula » rencontre le maloya.
Du 11 janvier au 29 janvier 2010, les lundis, mardis, jeudi de 9 à 12h et d e14h à 17h, les mercredis de 14h à 17h, les vendredi de 9h à 12h. Restitution publique vendredi 29 après midi.

Depuis ce lundi 10 janvier, le Centre de Moringue de la Marine accueille la première résidence artistique du spectacle UMQOMBOTHI KABAR. Ce spectacle dont la création est soutenue et programmée pour le mois de mai 2010 au Théâtre de l’Onde et au Parc de La Villette rassemblera dix sept artistes, neuf danseurs de la Compagnie internationale sud africaine VIA KATLEHONG et huit musiciens réunionnais du groupe LINDIGO. Ce projet musical et chorégraphique de coopération régionale artistique initié en octobre 2008 au sein de l’opération « I LOVE JOZI » à Saint Leu puis au mois de mai 2009 à l’occasion de l’opération « Saison réunionnaise en Afrique du Sud » à Johannesburg mettra en scène pour la première fois musique maloya et danse Pantsula. C’est aussi la rencontre de deux histoires fortes du peuple noir qui ont traversé tour à tour l’oppression et dont les expressions artistiques appelées sur ce projet en furent à un moment l’exutoire et une forme de libération.

Ce projet est coproduit par le Séchoir, le Kabardock, l’Institut français d’Afrique du Sud, le Parc de La Villette, le Théâtre de l’Onde, est soutenu par le Département, la Région, la Drac et le Fonds pour la coopération régionale. Production déléguée Damien Valette & JLLJ’s prod.

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Chroniques Albums

Le 19 janvier 2010

Sen Mêlé

Ouh la ! Quand m´a vu ça, " Maloy´az ", album " Sen mêlé ", je me suis dit " Non ! Pas encore un de ces groupes de fusion maloya/jazz, super compliqué et prétentieux, trop souvent je trouve ça merdique, j´évite ! "... et puis sur la pochette (trés élégante, bien travaillée au demeurant), la mention " Chanson française de La Réunion " : c´est kwé ça, une Véronique Samson créole en Pays de Loire ?!!
Evidemment, passé ces premières impressions, on arrête de faire le couillon et on écoute : et là, c´est quand même la claque ! Quelle voix incroyable ! Incroyable est le mot, la voix est douce, aigue, légère et captivante, une voix soprano bien calée mais surtout surprenante quand on voit le bonhomme qui la défend: Maykèz de son ti nom gaté, auteur, compositeur, interprète, est un créole embarquè, là-bas dann péi la fré, un déraciné qui semble quand même (d´après les photos du livret !) apprécier le bon goût (oté !) des carrys bien de chez nous! Disons un Farinelli créopolitain!

Et à l´écoute de l´album, c´est la légèreté, et le minimalisme des chansons qui séduit : voix, piano et percus, point barre. Le piano est " jazzy " certes (le compère accompagnateur du chanteur touche sa bille), il maîtrise assez bien le ternaire maloyesque, mais sans esbroufe. Les percus sont aériennes, gatam, roulèr, congas, kayamb joué par le chanteur..., parfois avec un ti bout de guitare, le tout prend corps sans indigestion, plus sautillant ou langoureux que véritablement dansant, parfois même à la limite de la variétoche créole, mais sans faute de goût... " Musique métissée " c´est annoncé, mouais, ¸a veut plus trop rien dire ça, mais disons qu´un tas d´influences se télescopent, harmonieusement et sans clinquant... Cet équilibre des sonorités, à la production minimaliste, est renforcée par la voix de falsetto qui soutient les paroles fortes de l´auteur, en créole surtout, et un joli ti créole pas galvaudé qui emprunte aux gramounes quelques expressions bien poétiques, plus trop employées... Il y est beaucoup question de cet arrachement originel à La Réunion, aux dalons de là-bas et à ceux d´ici, à la famille, aux chers disparus, faisant raisonner une émotion à fleur de peau portée par cette toujours puissante mélancolie du pays natal...
Mention spéciale au morceau " Melinda ", un hommage à une amie disparue, dann fré là-bas Fontenay, qui fait vibrer la corde de la solidarité créole en France, un morceau poignant qui ferait pleurer un kanyar sous lartane ! Au final un très joli album, une belle surprise, à écouter quand vous aurez trop usé vos platines avec les albums de Davy Sicard, ou que vous avez envie d´une petite douceur à vous mettre sous l´oreille !

Zoryé Zoursins


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Reportages

Le 08 janvier 2010

Lacaille Academy

Qu´ont en commun René Lacaille, Benjamin Biolay, La Grande Sophie et Tinariwen ?

Ils font tous partie de la cuvée 2010 de la prestigieuse Académie Charles Cros qui proclame les Grand Prix du Disque depuis 1948 !

L´année commence donc bien pour la musique réunionnaise !
René Lacaille nous avait gâté avec "Cordéon Kaméléon", son dernier album où il croise les lames de son accordéon nomade avec un casting d´amis musiciens.

Un grand bravo au roi René et à tous ses dalons !

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Interviews

Le 05 janvier 2010

Interview de Seb The Player

Une grande ombre avec un chapeau hante les nuits réunionnaises depuis quelques temps. DJ constamment à la recherche de nouveaux sons à placer dans ses sets éclectiques, Seb The Player cultive l’art du z’embrocal musical, mixant les sons de tous les dancehall du monde et de tous les temps... Véritable militant de la fête universelle, ses morceaux ne sont jamais placés par hasard et s’inspirent aussi de mouvements sociaux, historiques ou littéraires. Son but ? Vous faire déhancher jusqu’au bout de la nuit... et plus. Toujours plus.

Je suis né le 22 mars 1973 à Thoissey, un village de 1200 habitants dans l’Ain, près de la région du Beaujolais.

Jusqu’à mes 16 ans, mon environnement c’était donc été le saucisson, le vin, et puis les bals et leur bagarres entre villages. Premières approches du monde de la nuit... Je fréquentais le bar « Le Bon Coin », dans lequel je buvais des Gin Fizz en écoutant les 45 tours des Rolling Stones du juke-box : premiers flashs musicaux et... premières cuites.

Vers mes 16 ans je migre au lycée à Bourg en Bresse. Là, j’écoute le rock alternatif français de l’époque: Bérurier Noir, LSD, Ludwig Von 88, La Mano Négra... Ce dernier groupe m’amène vers un groupe majeur: The Clash. A partir de là, j’étais pris dans la spirale de la musique, je découvre le punk rock et le hardcore, la musique noise, à travers des groupes comme Fugazi ou Hint. Pour autant, je ne suis pas devenu straight-edge (le mouvement straight-edge issu de la scène musicale hardcore, militait pour un mode de vie végétarien et sans alcool ni drogues).

A l’époque, je détestais la techno, bien que déjà sensibilisé aux sons des machines à travers certains groupes punk. Mais en 1992, aux Eurockéennes de Belfort, c’est le le choc: parti pour y voir Don Letts, auteur de fameuses vidéos de groupes punk, j’assiste au concert de son groupe DreadZone et découvre avec stupeur que Letts ne joue pas de musique, mais est VJ du groupe, dont le style oscille entre dub et techno. Pendant le concert, je rencontre une charmante festivalière qui m’invite à une teuf qui a lieu derrière les festival, derrière des tentes : entre trois camions, je découvre la techno, la boue, les treillis : Spiral Tribe !

A cette époque, je bascule définitivement dans le monde de la musique. Parti pour étudier les lettres modernes à la faculté de lyon, accompagné de mon premier amour, j’y reste une semaine en tout et pour tout.... je découvre la fête, les bars, les soirées... les nuits sur canapés, dont je deviens un esthète. Je me teins les cheveux en rouge, puis en vert...

A partir de ce moment là, la musique devient ta vie.

Exact ! Influencé au lycée par les Inrockuptibles et les émissions de Bernard Lenoir sur France-Inter, seule radio écoutable à l’époque à Bourg en Bresse, je deviens programmateur au sein d’une radio étudiante de lyon; mon émission de pop et de rock s’appelle « Interférences ».

Plus tard, je monte le label Wild Palms (en référence à la série avec James Belushi diffusée en France sur Arte) avec mes complices Bob’X et Vincent Godard. Influencés par le son de 1996, notamment du label Mo’Wax, notre première édition est l’album de Bob’X, une figure locale, pour ainsi dire le ’Tricky de Bourg-en-Bresse’... Une nuit, à l’occasion d’un passage sur Angers au bar le Chabada, pour assister aux concerts de Hint et des Thugs (originaires d’Angers, qui était à ce moment là la capitale du Rock en France), je découvre les sons inédits de La Phaze et d’un tout nouveau groupe : Zenzile.

Ce groupe de dub, qui vient de sortir une K7, me donne un de leurs morceaux, qui va figurer sur la deuxième sortie du label Wild Palms, une compilation également dans la veine trip-hop, dub, electro. Cette compile, intitulée « Créatures des Abysses » et tirée à 1000 exemplaires, voit figurer les premiers morceaux de Zenzile, du Peuple de l’Herbe, de Rhinocérose... On y trouve également un morceau de Virginie Despentes, aujourd’hui écrivain renommée.

Vous étiez des précurseurs... Il s’agit en partie de la scène dub française actuelle!

La participation du Peuple de l’Herbe a été négociée un soir vers 4h du matin, après un concert d’Amon Tobin, au bar le Coin de la Marquise, entre deux verres... La veille de l’impression de la jaquette pour la compile, ils n’avaient toujours pas de nom de groupe! C’est à la dernière minute qu’ils m’ont annoncé leur nom, qu’ils portent toujours aujourd’hui.

Avec toutes ces découvertes, vous avez dû vous en mettre pleins les poches ???

On a perdu de l’argent tu veux dire! Sur les 1000 exemplaires, 500 seulement ont été écoulés. Mais, ces 500 exemplaires, j’en ai retrouvés, bien plus tard, un certain nombre chez des gens influents dans la musique : chez Jean-François Bizot, le fondateur et boss d’Actuel et Nova, chez les éditeurs du label Jarring Effects... Le morceau du Peuple de l’herbe et deux autres morceaux que nous avions sortis se retrouvent sur une compile de chez Nova. Le label Jarring Effects est aujourd’hui un label de dub reconnu...

Mais je ne ressens pas cela comme une injustice: il y a ceux qui trouvent et ceux qui font vivre la chose; nous à l’époque on était pas faits pour ça, on y a laissé des plumes!

Sur Lyon, tu rencontres également les Meï Teï Sho, passés récemment à la Réunion pour leur prestation au dernier Sakifo, et dont la paire rythmique tourne avec Nathalie Natiembé.

En 1997, je rencontre Boris, le bassiste, qui m’invite à assister à leur concert. Emballé par leur prestation, nous décidons que je deviendrai leur manager. Et ça marche tout de suite! Peut être un peu trop, puisque six mois plus tard, le groupe est programmé sur la scène de l’Elysée Montmartre à Paris, pour une soirée Nova. Nous sommes également programmés aux Transmusicales de Rennes. Ce rôle de manager, je le tiendrai pendant deux ans et demi, mais après j’arrête: ça devient vraiment trop lourd pour moi, je me rend compte que le manager est un peu la nounou des musiciens finalement... ça n’est pas ma fibre.

Peu après, tu montes à Paris et travailles pour le magazine Nova. Car tu es également journaliste.

Parallèlement à mes activités dans la musique, je débute mon expérience dans le journalisme pour le compte de l’hebdomadaire Lyon Capitale. Or, Jean-François Bizot, qui avait lu mon article sur Zenzile, m’appelle en me prévenant qu’il part voir les voir à Macon, depuis Paris, et donc que ça a intérêt à être aussi bien que je le prétend ! Heureusement, il ne sera pas déçu...

Peu après, j’étais viré de chez Lyon Capitale pour faute : j’étais parti voir Cypress Hill à Rennes! Sans autorisation. Une nuit, mes parents reçoivent un coup de téléphone de Bizot. Il me recherche pour l’accompagner couvrir un festival à Nantes... Comment a t-il pu retrouver mes parents, là-bas à Thoissey? Mystère. Toujours est-il que, suite à cette expédition, j’aménage et m’installe à Paris pour travailler pour Jean-François Bizot et Nova Magazine, sans même être repassé par Lyon, que je quitte définitivement.

Et là, commence la Grande Fête...

Ca commence fort avec MON anecdote sur Jean-François Bizot. Chacun de ceux qui l’ont connu a SON anecdote bien à lui. La mienne, c’est celle du mocassin perdu dans la rave-party : invité pour le réveillon dans son manoir de Saint-Maur, on enchaîne dans une lointaine rave boueuse... Après deux heures de recherches, on retrouve Bizot pour repartir, sans son fameux mocassin, le pied couvert de boue...

Avec Boris de Meï Teï Sho, lui aussi monté à Paris, on s’installe à Alfortville dans une collocation... Car on vit des fêtes d’anthologie, des expériences en tous genres incroyables. De plus on héberge les groupes et artistes qui passent au Batofar et à la Guinguette Pirate, deux fameux clubs parisiens. Notre coloc devient alors un haut lieu de l’after, baptisée Afterville... Concerts, sets de DJ, moments intenses et magiques. Je n’ai pas dormi pendant six ans.

En dehors de ton boulot chez Nova, tu continues tes activités dans la musique ?

Déjà, chez Nova, je participe à l’ouvrage Underground Moderne ainsi qu’à la sélection pour la compilation éponyme, un boulot qui nous prend neuf mois.

Parallèlement, je fais mes débuts en tant que DJ. Ma sélection c’est : musiques du monde, matinées de dub. La première fois au Batofar, en remplacement de Boris de Meï Teï Sho, qui avait raté le train pour Paris. Je joue aussi au Crying Délirium, une boîte d’after. J’organise des soirées à la Flèche d’Or.

Tout au long de mon parcours en tant que DJ, j’allais plus tard jouer dans les clubs, les rave, teknivals, kermesses, comités d’entreprise, mariages... et également des festivals comme les Francofolies ou les Vieilles Charrues en 2001, pour lequel j’ai été programmé devant 8000 personnes. Je serais incapable de dire si ça a marché car je n’ai pas osé lever les yeux pendant tout le set, tétanisé par le trac... Ironie de mon histoire, j’y retrouve Don Letts et DreadZone, qui m’avaient marqué dix ans auparavant!

En 2005, j’arrête de travailler pour Bizot quand Nova Magazine prend fin. Je me lance alors, avec mes dalons musiciens de Lyon, dans une tournée européenne intitulée «Lyon Calling Tour », qui réunit Meï Teï Sho, High Tone et le Peuple de l’Herbe. Vingt-cinq dates, dix-sept pays visités, dont l’ex-Yougoslavie, la Pologne, la Hongrie et la République Tchèque, trois tour-bus, deux tonnes de matériel et trente-quatre personnes sur la route. Le concert à Sarajevo fut d’anthologie : après avoir construit la scène et installé le son dans un squat en ruines au milieu de nulle part, nous avons accueillies plus de 1000 mélomanes ultra-motivés, sans avoir fait spécialement de communication mais les bosniaques, à ce moment là, avaient un besoin irrépressible de faire la fête, d’oublier la guerre. Après la soirée, le conseiller culturel de l’Ambassade de France est venu féliciter toute l’équipe pour ce succès, nous remerciant pour l’organisation, dans ces conditions pas évidentes.

Une vraie tournée rock’n’roll...

Mais pas que. C’était surtout très humain. Tous ces groupes, formés à la même période, portant les mêmes valeurs, c’était pour nous une consécration de notre amitié et de notre fidélité, mais aussi de l’intérêt de cette musique métissée. Au cours de la tournée, l’entraide et le partage furent notre ciment. Il n’y avait aucune rivalité entre les musiciens, alternant l’ordre de passage chaque soir afin que chacun en profite. On essayait de faire des concerts partout, tout le temps, un maximum. On voulait aller partout là où personne n’allait. On dormait dans des auberges de jeunesse où l’on nous servait de la soupe aux pommes de terre et choux. Après les concerts, tout le monde mettait la main ensemble pour démonter le matos, puis on faisait la fête toute la nuit, comme ça pendant toute la tournée... Je faisais DJ de temps en temps, je m’occupais du stand des disques et des teeshirts, mais je faisais aussi office de débiteur de boissons alcoolisées non autorisées... J’écrivais aussi le blog de la tournée au jour le jour. Tournée qui a eu un certaine reconnaissance et qui est vraiment un grand souvenir.

Et c’est un peu après que tu débarques sur l’île de la Réunion.

Après ces années de fêtes intensives à Paris, j’étais à la recherche d’autre chose. J’ai failli m’installer à Berlin. étant amateur de football, je m’y suis rendu pour assister aux matchs de la Coupe du Monde de 2006. Là, j’ai découvert de nouvelles formes de fêtes, c’était assez impressionnant et plutôt tentant de s’y installer. Mais le hasard a fait que, suite à la tournée du Lyon Calling Tour, j’ai débarqué à la Réunion en compagnie d’Hammerbass, programmés pour l’ouverture du Bug deuxième version, celle de Pierrot, à Saint-Pierre. Par la même occasion, je suis chargé d’écrire un papier sur la scène électronique réunionnaise pour le compte du magazine Trax.

Ayant rencontré Jérôme Galabert, l’organisateur du festival Sakifo, j’y suis invité en tant que DJ pour la soirée de clôture. En découvrant cette île, je me dis que ma vie sera désormais ici, à la Réunion. Je déchire le billet du retour. Et je m’y installe.

Et donc tu y continues notamment tes activités de DJ... jusqu’à ta pseudo retraite de 2007, qui dure en réalité six mois... Bon coup marketing ?

Non, ça n’était pas du marketing! J’étais vraiment lassé en fait, je me disais que tout cela tournait en rond, je ne ressentais rien de nouveau ou d’excitant. étant donné que ma sélection, depuis toujours, c’est l’underground mondial, je tombe alors, via les mixes de la Villa Diamante, sur le mouvement colombien de la nueva cumbia : leur musique traditionnelle passée à la moulinette des instruments électroniques... J’en tombe amoureux et retrouve ma voie de DJ!

Quelle est ton opinion sur les lieux de diffusion de la musique à la Réunion? Comment par exemple expliques tu que tu sois demandé par divers festival comme, cette année, le festival SOL à Saint-Gilles, le Festival du Film de la Réunion, le Sakifo, alors qu’il faut quasiment mendier pour être booké dans les bars et les boites, qui devraient en principe être tes lieux de prédilection, puisqu’uniquement dédiés à la danse ?

C’est fatiguant mais c’est un nouveau combat. Je pense que les responsabilités sont partagées. Tout d’abord, il n’y a pas véritablement de « club » dédié aux mélomanes, il y a surtout des boites de nuit dont le but est avant tout commercial. Il y avait le défunt Bug à Saint-Pierre, où le taulier Pierrot nous garantissait une qualité musicale et un éclectisme précieux. Mais ce lieu a fermé depuis.

D’un autre côté, les rares endroits qui se voudraient « alternatifs » ne s’en donnent pas véritablement les moyens : le système de son est souvent délaissé, ce qui est paradoxal puisqu’il s’agit de lieux de diffusion de la musique... Au-delà du public en lui même, je crois qu’il y a une « éducation » des gérants de ces lieux : les gens sont capables de danser sur autre chose que de la musique commerciale! La fête, l’alcool et les filles, tout cela peut se retrouver sur de la musique de qualité. On n’est pas obligé de passer les trucs de NRJ.

Cependant, je suis optimiste, je crois que cette éducation va se faire. Il y a un travail de fond à effectuer, par exemple grâce aux festivals de musique qui ont lieu à la Réunion : devant la diversité des groupes programmés, on devrait aller vers un « affinage » des goûts, une meilleure réceptivité de la part du public à la musique « non commerciale ».

Enfin, je pense qu’il y a une responsabilité également de la part des DJ. Beaucoup sont bornés et ne jurent que par ce qu’ils appellent l’« electro » (l’electro étant en réalité un style de musique bien particulier datant du début des années 80 et ayant perduré jusqu’à nos jours). Or, on n’est pas obligé de faire la fête sur de la musique dance electro. Combien de fois a t-on vu des DJ mettre de la techno dès le premier morceau, à 22h. Résultat : le bar, qui a fait l’effort de programmer un DJ la première fois, ne renouvelle plus jamais l’expérience. Les DJ devraient faire un retour aux sources et faire preuve d’humilité, s’adapter au public et aux lieux dans lesquels ils sont programmés. Il y a trop d’égo.

Tous les DJ ne sont-ils finalement pas, dans une moindre mesure, un peu égocentriques ?

Il y a bien entendu une part d’égocentrisme lorsqu’on s’expose devant un public, dans le but de le faire rentrer dans SON monde à soi, lui faire partager SES goûts... Mais comme le dit Jean-Louis Murat : « j’assume mon égocentrisme ».

Il y a aussi une certaine technique à maîtriser.

Je n’ai pas une grande technique. L’ordinateur m’aide beaucoup... Pour moi, c’est un instrument comme un autre. Il y a cependant un feeling à avoir, dans la sélection des morceaux tout d’abord, puis dans l’enchaînement, en regardant les réactions des danseurs. Il faut bien entendu connaître ses morceaux par coeur.

Dans ce domaine, j’ai été formé à bonne école avec JahBass, musicien au sein du groupe Cosmic Connection, qui déclinait un style entre Jazz et Drum’n’Bass. Il a notamment enregistré des dubplates avec Junior Marvin, le grand chanteur de reggae. En tant que DJ, Jahbass m’invitait régulièrement à ses soirées, et j’ai découvert quelqu’un avec une culture musicale phénoménale. Il m’a appris énormément, pour trouver le bon feeling, quelque soit la soirée, le lieu, la fête. Jahbass me répétait souvent : « il faut savoir mixer dans TOUS les états »... Précepte que j’applique toujours à la lettre !

En effet, je crois que tu n’es pas le dernier pour faire la fête.

Pour moi c’est un véritable art de vivre, qui me vient probablement de mon enfance à Thoissey : les bals, la musique, les bagarres... La fête, c’est une forme de décadence. Les meilleurs mixes, les meilleures soirées, se font face à un public réceptif... à un certain moment de la nuit, on atteint un point de rupture, on bascule dans un autre monde, dans lequel les gens révèlent une certaine part de leur personnalité, dans lequel les masques tombent. A ce moment là, tout peut arriver... Tous les éléments extérieurs jouent: plus c’est sombre, plus on peut se sentir à l’aise et se lâcher. C’est ce qui m’attire, depuis les bagarres entre bandes dans les bals de mon enfance: cette ambiance tendue, qui peut basculer d’un moment à l’autre, dans des endroits bizarres où l’on est souvent proche de la bagarre générale... C’est de la matière pour un musicien, ou pour le DJ que je suis : transformer cette énergie en musique. J’aime les limites, les rencontres avec des gens pas « nets », des écorchés... Des styles populaires comme la techno de Détroit ou la favela-funk de Rio de Janeiro sont nés dans des endroits « chauds », pleins de violence.

La fête peut elle avoir un sens politique ?

Bien sur, la fête et la politique sont liés : lorsque je joue certains morceaux, ça n’est pas par hasard,que ça soit de la soul, du reggae, la techno, etc, qui sont des styles hautement militants à la base.

En France, le clubbing a des origines liées à l’Histoire : la première discothèque de Régine, sous la seconde Guerre Mondiale, tenait place dans une cave... Les orchestres n’étant pas légions, ils furent remplacés par... des disques ! D’où ce nom de « discothèque », que l’on doit à Serge Gainsbourg. De même, les Zazous accomplissaient des actes politiques nocturnes en faisant des fêtes anticonformistes.

On peut aussi citer, entre autres innombrables exemples, les happenings du Grateful Dead ou du Pink Floyd, le maloya et, bien sur, le mouvement disco, qui est né dans des clubs comme le Paradise Garage à New-York, ou se retrouvaient les homos, porto-ricains et blacks, qui exprimaient au grand jour leur identité, une façon différente de voir les choses sur fond de musiques nouvelles. à notre époque mondialisée, le truc musical c’est l’éclectisme total, jouer et faire la fête sur tous les styles, un peu comme ça s’était passé après mai 68.

A part la musique, tu es également passionné de littérature.

La littérature me permet une construction humaine personnelle, individuelle. J’ai besoin du même éclectisme dans la littérature que dans la musique. Ce qui est important, c’est le rythme de l’écriture, trouver le bon beat... Les fans de musique sont souvent des fans de littérature : Jean-François Bizot, le DJ Ivan Smagghe, Boris Vian... Les deux domaines sont tout aussi importants. évidemment, j’aime la littérature musicale, Alain Pacadis, Yves Adrien, Lester Bangs, les éditions Allia... Hunter S. Thompson est aussi un modèle pour moi en tant que journaliste.

Aujourd’hui, tu es journaliste dans les faits divers; tu disais que les faits divers sont la quintessence du journalisme.

Il s’agit de technique journalistique pure. Un fait divers est un fait qui n’existe pas au début de la journée : il n’y a pas d’attaché de presse, pas de dossier de presse, pas de communication... Donc déjà il faut être au courant, avoir un bon réseau sur le terrain. Ensuite, il faut une certaine réactivité : on n’a que quelques heures pour procéder à une enquête. Enfin, on est au courant de certaines choses dont il ne faut pas forcement parler tout de suite et qui sont partagées entre les forces de l’ordre, les médecins et, bien entendu, la famille ou les gens directement concernés. Il faut vérifier ses sources pour ne pas blesser leur dignité; il s ’agit de raconter une histoire avec véracité.

Pour se rapprocher de la littérature, beaucoup d’écrivains étaient journalistes de faits divers : Joseph Kessel, qui a fondé le magazine Détective, l’ouvrage de Jean Meckert sur l’affaire Dominici, Roger Vaillant... Je songe également à m’essayer à l’écriture, je pense que ça viendra un jour. La plupart des écrivains que j’admire ont commencé tard : Louis Calaferte, Céline...

Et tes projets immédiats ?

J’ai bien fait de ne pas prendre ma retraite finalement : j’ai pas mal de pistes de projets pour 2010, ça commence à prendre. Je m’occupe surtout de mon site, sebtheplayer.com, sur lequel je publie régulièrement des chroniques, des reportages. On peut aussi y retrouver l’agenda de mes dates (la deuxième édition des Electropicales en 2010, la nouvelle saison du 211 à Saint-Leu en février...). Sinon, je continue à écrire des articles pour le compte du magazine Standard... Et je ne compte plus prendre ma retraite ! Je crois que je serai DJ jusqu’à au moins 75 ans...

Pour conclure, as tu un message à faire passer à tes fans féminines, qui sont nombreuses et qui t’aiment ?

Hé bien, les filles, venez me voir lorsque je suis derrière les platines pour me dire que vous m’aimez! Car je suis plutôt timide en fait...

Interview réalisée par Konsöle
Photos : Fanny Vidal


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Chroniques Albums

Le 17 décembre 2009

Alerte ! O.S.N.I...

Saint Extension (Bi-Pole - 2009)
Alerte ! Objet Sonore Non Identifiable au-dessus de la Réunion !
Aux commandes, Jako Maron, un musicien singulier au CV déjà bien chargé : débuts dans le hip-hop en 1997, habitué des projets musicaux expérimentaux, il croise les trajectoires d´artistes hors-normes comme Christian Jalma, Nathalie Natiembé et les fonnkézèrs Babou B´Jalah, Francky Lauret,  tout en baignant dans les sonorités synthétiques eighties (Front 242, Art Of Noise, Kraftwerk...).

Son nouvel album Saint Extension est à l´extrême opposé de ce qu´on pourrait attendre d´un disque étiqueté "world electro soleil". A l´écart des sentiers battus, Jako ne s´appelle pas Maron pour rien : ici pas de roulèr ni de kayamb, mais un abstract-maloya mutant, 100% machines (et pas des moindres, les mythiques Roland SH & TR croisent l´étonnante Cracklebox, instrument électronique des années 70). Résultat surprenant de radicalité, objectif atteint : réussir le grand écart entre les rythmes "ancestraux" du séga maloya et une électro futuriste. En écoute pleine puissance, les basses lourdes font vibrer les murs et les sons stridents à la Aphex Twin vrillent vos oreilles. Une écoute douce au casque permet d´apprécier les subtilités sonores de morceaux ambiant trip hop comme Radiode, avec sa mélodie empruntée aux annonces mortuaires radiophoniques... Et comment résister au salegy electro Bec rose ? Grand moment aussi, la relecture dub de Po mwin maloya de Danyel Waro dont la voix est (saint) expédiée vers l´infini à coups de triturages sonores méticuleux ... The Death of William Burroughs clotûre l´album, longue litanie où l´oraison funèbre du beat poet américain John Giorno se fond au maloya pléré de la Famille Gado...

Jako Maron - Saint Extension

Réalisé par Automat, l´album de Jako Maron est signé chez Bi-Pole (le label de Zong), bénéficie donc d´une distribution en métropole et pourrait bien créer la surprise dans la galaxie electro ! Saint Thétiseur priez pour Jako !

PS : Pour aller plus loin encore, ne manquez pas de faire une visite sur le site http://www.30kill.com/ !

Tahitiansunset

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Reportages

Le 11 décembre 2009

Carte postale d´Australie

Toguna style !
Toguna était donc invité par le AWME festival à Melbourne, qui est un festival /salon où de nombreux professionnels australiens sont invités. On a joué le samedi 21 nov dans une salle pleine avec le très bon groupe australien Blue King Brown.
Bon concert , très bonne réaction du public qui sur la fin était à fond avec nous... Particulièrement sur les chansons où la slide guitare est accompagnée du rouleur et du kayamb !
Beaucoup de demande de cd à la fin du concert quand on a traversé la salle, les retombées pro étant dans un premier temps plus difficile à estimer...
On attend la suite.

Toguna en Australie

Les connexions avec les autres groupes australiens ont été très riches et nombreuses, surtout la semaine après le festival, on a été invité à chanter tous les soirs par les artistes qui se produisaient dans diverses salles de Melbourne, puis aussi beaucoup de sessions acoustiques hors scène...( entre autres avec Blue King Brown, Dallas Frasca, Saritah, Grace Barbe, Matt Witney, ...) personne ne connaissait la Réunion, on a donc encore une fois représenté notre ile, sa culture, ses artistes avec plaisir !
Tous les artistes ont promis de venir nous rendre visite ici...

C´est un grand pays, avec beaucoup de festivals, il y a donc de belles possibilités pour un groupe réunionnais la bas; Le but étant de créer un véritable pont entre les 2 iles...
Le premier contact a été très bon, on devrait y retourner assez vite, on l´espère.

Toguna en Australie

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Chroniques Albums

Le 09 décembre 2009

Sortie de l´album de Lo Griyo : Ye Mama...

Présentation du projet artistique

LO GRIYO est le nom donné à une énergie créatrice et musicale venue de la réunion.
Initiateur d’une musique de transe polymorphe, le projet Logryo est dépositaire d’une musique née l’opportune rencontre entre tradition et modernité.
Captivant mélange d’une nouvelle énergie insufflée aux traditions musicales maloya, gnawa, salegy, et d’un supplément d’âme apporté à la fougue de la création actuelle;
Lo Griyo est également imprégné de la créativité et de la liberté offerte par les influences du jazz et de la musique électronique.

Ces 3 axes, tradition, jazz et musique électronique, sont l’essence d’un univers artistique en 3 dimensions auquel Sami Pageaux-Waro, Luc Joly et Brice Nauroy apportent note après note de nouvelles propositions en traçant leur propre sillon.
LO GRIYO se déploie, s’invente et se développe autour de cette volonté permanente de se réinventer et de donner naissance à une musique intemporelle, expérimentale et proche de la transe. Un rituel profane pour se souvenir et s’oublier, se rappeler et ne plus retenir que la force de l’instant partagé…

Ye Mama - Lo Griyo

Le premier opus : Yé Mama

La musique crée par Lo Griyo se définit non seulement par les influences que nous venons d’évoquer
mais aussi et surtout par la liberté que s’accorde ses musiciens.
Ainsi pour l’enregistrement de leur premier opus, ils ont souhaité s’immerger, aller au bout de leur
musique, en dehors des studios aseptisés, ils ont donc transformé la maison de Sami en laboratoire
d’enregistrement pendant près de 5 semaines.
Cette volonté de ne rien s’interdire et de donner toute sa place à l’instant s’est aussi exprimée à
travers des horaires d’enregistrement décalés, des prises de son en plein air et autres
expérimentations sonores à travers les pièces de la maison.

à l’image du groupe, Le studio se devait d’être un laboratoire, et l’enregistrement refléter une période créatrice plus que fixatrice.
La réalisation de l’album a été confiée à Yann Costa, 4 ème énergie du groupe (« Sankèr » « Karma » N.Natiembé, Zong « Fractures » « Paradis thematik ») le leader de Zong a notamment mis l’accent sur le travail d’édit avec des effets et des synthés analogiques qui donnent sa signature particulière au son général de l’album.
à ce travail de fond sont venus s’ajouter comme autant de sources d’inspiration, un quatuor à cordes, Danyel Waro (chant, kayamb) et Francky Lauret (écriture, slam).
Le résultat de ce voyage collectif est Yé Mama, un album composé de 13 invitations à la transe.

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